Dès mon enfance, j'ai toujours voulu devenir peintre un jour : très jeune j'ai observé, étudié, admiré les oeuvres de nombreux peintres, allant des peintures rupestres de la préhistoire jusqu'à nos jours. Sans oublier les arts picturaux de nombreux pays et ethnies du monde.

 

Lorsque je vais créer un tableau, je regarde maintes et maintes fois le document que j'ai sélectionné. Je le "mentalise" et le construit peu à peu en ma mémoire.


Chaque tableau est pour moi un combat et une jouissance.

 

Un combat car à chaque touche de pinceau il faut que je pense à celle qui suivra, à la couleur qui correspondra le mieux à celle que je viens de mettre, j'appelle cela "faire chanter les couleurs", tout cela pour arriver le plus possible à "accoucher" du tableau que j'ai façonné dans ma tête.

 

Jouissance, car c'est une vraie volupté que je ressens lorsque mon pinceau, imprégné de couleurs à l'huile, glisse sur la toile pour faire surgir mon "oeuvre pensée".

J'adore cette "soyance" de l'huile (néologisme que j'offre à l'Académie Française...).

 

Il m'est très dur de quitter ma toile achevée. Mais il faut savoir s'arrêter à temps car une touche de trop peut déstabiliser toute l'oeuvre.

 

Quand je peins, je tisse des liens affectifs avec mon tableau, je lui parle en moi-même, le complimente ou le houspille.

Tout en peignant, surgissent en moi des souvenirs de lieux, d'évènements, bons ou mauvais, défilent aussi en moi les personnes disparues que j'ai connues ou aimées.

 

Ainsi, chacun de mes tableaux porte en lui une énorme charge affective. C'est mon psychisme, mes sentiments que j'expose ainsi au public.

 

Mais déjà, tant que l'envie de créer restera aussi vive en moi, je recommence à penser et à construire le tableau qui suivra...

 

Danièle Boutet-Poltzien

(21-07-2010)